Transe cognitive auto-induite

Qu’est-ce que la transe cognitive auto-induite ?

La transe cognitive auto-induite est un état de transe induit par la seule volonté

Hérité de l’étude des pratiques chamaniques, cet état modifié de conscience, abstrait de tout rituel ou expression culturelle, a été rendu accessible en 2 à 4 jours d’entraînement, grâce à un programme développé par Corine Sombrun dans le cadre du TranceScience Research Institute. Sa qualité de transe auto-induite permet de l’interrompre à tout moment et sans aucun des effets secondaires pouvant résulter de la prise de substances psychoactives.

Aujourd’hui reconnue comme une potentialité du cerveau [1], son étude et sa mise en évidence sont le résultat d’une étude initiée en 2007 par le Pr Flor-Henry et Corine Sombrun. Nos observations, réalisées sur plus de 1000 volontaires, nous ont permis d’avancer qu’en moyenne 90% d’entre eux ont vécu une transe et ont pu apprendre à l’auto-induire.

Récemment, une étude en neuroscience, a été réalisée à l’Université de Liège en collaboration avec l’Institut de recherche TranceScience et a mis en évidence une réponse cérébrale différente en transe par rapport à un état de conscience ordinaire, chez un sujet expert [2]. Un second protocole est en cours de finalisation sur une cohorte de 27 « transeurs » experts.

Les principaux effets rapportés par les personnes en transe sont :

  • une augmentation de la force
  • une diminution de la perception de la douleur (physique et psychique)
  • une modification de la perception de l’espace et du temps
  • une mise en mouvement (non volontaire) du corps
  • l’émergence de visions ou de perceptions sensorielles hors norme
  • un accès amplifié à des informations peu ou pas accessibles dans un état de conscience ordinaire

    Sa pratique nous a également permis d’observer chez la plupart des sujets le développement d’un accès différent à de nombreux types d’états modifiés de conscience, dont :

    • des transes hypnotiques
    • des transes de possession
    • des transes extatiques ou transes mystiques
    • des transes médiumniques
    • des transes ecsomatiques (voyage hors du corps ou OBE)
    • des transes de type chamanique (communication avec des entités de la nature et du vivant)
    • des transes de vision
    • des transes de communication/vision à distance
    • des expériences de méditation profonde
    • des expériences d’écriture automatique

    Pourquoi la transe cognitive auto-induite ?

    La transe auto-induite est identifiée comme un phénomène dissociatif non pathologique

    Le terme de « Transe cognitive auto-induite » a été choisi pour inscrire ce potentiel dans la notion d’état amplifié de la cognition, accessible à volonté et abstrait de tout rituel ou expression culturelle. A la fois état amplifié de la cognition et ressource d’exploration d’une réalité sous-jacente, cet état naturel de transe donne accès à des informations non accessibles dans un état de conscience ordinaire, et facilite l’accès aux processus décrits dans les moments d’inspiration, où la notion de temps disparaît, où l’émergence d’intuitions, d’idées ou de solutions originales sont amplifiées et fluides. En laissant le corps s’exprimer au travers de mouvements non décidés, la transe cognitive se révèle aussi particulièrement intéressante pour révéler de façon naturelle des ressources profondes de guérison et d’apprentissage intuitif, ce qui en fait sa puissance cognitive et son potentiel thérapeutique. En ouvrant l’accès à des insights, à des vécus émotionnels traumatiques ou à des mémoires dissociées, cet état permet de les traiter, grâce notamment à la diminution de la perception de la douleur (physique comme psychique) et à l’augmentation de la force.

      Transe et recherche fondamentale

      Encore peu d’études se sont intéressées à l’effet de la transe sur le cerveau.

      Il ressort de ces premiers travaux que les régions cérébrales impliquées dans la gestion d’informations venant de l’environnement extérieur (cortex cingulaire antérieur dorsal, insula par exemple), ainsi que dans la gestion d’informations liées à la conscience de soi (cortex cingulaire postérieur – réseau du mode par défaut) fonctionnent différemment lorsque la personne est en état de transe (résultats obtenus chez 15 sujets [3]). De plus, les régions du cerveau impliquées dans les perceptions sensorielles (cortex auditif et visuel, notamment) démontrent une activation différente lorsque la personne est en état de transe, par rapport à un état de conscience ordinaire (résultats obtenus chez 8 sujets, comparés à 8 sujets contrôles [4]).

      L’activité électrique du cerveau semble être caractérisée par une modification des rythmes bêta particulièrement dans des régions frontale, pariétale et occipitale (ces régions sont notamment connues pour leur implication dans la perception de soi) (résultats obtenus chez un sujet expert [1]). Il ressort également un transfert de prédominance de l’hémisphère gauche et du lobe préfrontal antérieur, vers une prédominance de l’hémisphère droit avec un déplacement spécifique du mode de conscience antérieur préfontal vers le mode de conscience droit somatosensoriel postérieur [1].

      D’autre part, l’activité cérébrale en réponse à une stimulation magnétique semblerait augmentée lorsque qu’elle est appliquée au niveau frontal, alors que cette réponse diminue lorsque la stimulation est appliquée au niveau pariétal (1 sujet [2]). Les observations liées à la stimulation frontale pourraient refléter l’attention particulière focalisée sur le vécu intérieur, l’acuité sensorielle, l’imagerie mentale caractéristiques de la transe ; alors que la diminution observée lors de stimulations pariétales pourrait refléter la diminution de la conscience de l’environnement.

      L’ensemble de ces observations préliminaires reflètent les sensations subjectives rapportées par les personnes lorsqu’elles sont en transe, à savoir un état d’absorption particulier caractérisé par une perception différente d’elles-mêmes et de leur environnement.

      Enfin, il est de notre supposition que l’intention consciente préalable à l’apparition de la transe cognitive est à l’origine d’une amplification résonante entre activités infra-conscientes et conscientes. Cette amplification résonante apparaît comme une transition de phase, un changement d’état discontinu de la conscience ordinaire, vers une activité simultanée de la conscience ordinaire et des circuits infra-conscients, conduisant à un état de dissociation faible, non pathologique.

      Activités de recherche associées aux professionnels de santé

      L’Institut de Recherche TranceScience (TranceScience Research Institute) créé en 2019 sous l’impulsion du Pr Francis Taulelle et de Corine Sombrun, a pour objectif d’étudier les états de transe et de collaborer avec des organismes de recherche, hôpitaux et universités.

      En parallèle de ces collaborations, il propose à des chercheurs et professionnels de santé  de contribuer à des activités de recherche autour de la transe cognitive auto-induite et/ou de suivre plusieurs cursus:

      • Un cursus de deux diplômes universitaires (DU et DESU) à l’université Paris 8 Vincennes – St Denis intitulés « Étude des transes » et « Pratique des transes », coordonnés par les Prs Antoine Bioy et Marie-Carmen Castillo.
      • Un cursus certifiant sur quatre années permettant à des cliniciens, médecins et psychologues d’utiliser les résultats acquis dans l’étude et la pratique de la transe cognitive auto-induite pour l’accompagnement de patients dans un cadre thérapeutique. 

      Des tests pilotes ont permis de montrer l’intérêt de l’utilisation de la transe auto-induite dans les conduites addictives, la régulation de l’appétit, les troubles anxieux, les syndromes de stress post traumatiques, les troubles dissociatifs et les domaines de la rééducation motrice et fonctionnelle. Il reste néanmoins à en investiguer les fondements par des études cliniques.

      Des tests pilotes ont permis de montrer l’intérêt de l’utilisation de la transe auto-induite dans les conduites addictives, la régulation de l’appétit, les troubles anxieux, les syndromes de stress post traumatiques, les troubles dissociatifs et les domaines de la rééducation motrice et fonctionnelle. Il reste néanmoins à en investiguer les fondements par des études cliniques.

      Références

      • Flor-Henry, P. et al. (2017) Brain changes during a shamanic trance: Altered modes of consciousness, hemispheric laterality, and systemic psychobiology. Cogent Psychology 4, 1313522

      • Gosseries, O. et al. (2020) Behavioural and brain responses in cognitive trance: A TMS-EEG case study. Clin Neurophysiol 131, 586–588

      • Hove, M.J. et al. (2016) Brain Network Reconfiguration and Perceptual Decoupling During an Absorptive State of Consciousness. Cereb. Cortex 26, 3116–3124

      • Mainieri, A.G. et al. (2017) Neural correlates of psychotic-like experiences during spiritual-trance state. Psychiatry Res Neuroimaging 266, 101–107

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